La nuit était tombée sur Sanctum apportant un calme amorphe à ses rues. Toutes les fenêtres et portes étaient closes et des lueurs émanant de chandelles et de lanternes filtraient à travers les fenêtres comme autant de lucioles immobiles. Dans le quartier populaire les modestes demeures de bois se tenaient cote à cote, elles semblaient se rapprocher entres elles comme pour se rechauffer de ce rude hiver qui commencait et qui déjà les baigner d'un mince chale blanc alors que tombait du ciel autant de petits pois blancs, de minuscules perles blanches. Devant la petite maison des Marsley, deux enfants jouent gaiment, ils prennent de la neige avant de se la lancer dans des éclats de rire de plus en plus sonore. Quand un grincement se fait entendre puis une voix forte, un voix de chartreuse, celle de Genova Marsley, la mère (très bien portante) des deux gamins.
-Jon! Denry! Rentrez tout d'suite à la maison! La soupe va refroidir et vot' père rale déjà. Beugla t'elle facon poissionnière de marché.
-Mais 'man! On a pas pu jouer longtemps! Tu nous a embetté toute la journée avec nos tr...sembla se défendre un des deux garcons de manière courageuse face à cette mère aux allures de guerrières nordiques.
-J'ai dit on rentre! Vos gueules à la maison! Allez, non mais c'est pas possible! Ha Victor tu m'en reprendras pas de te refaire des fils hein!
Un ronchonnement incompréhensible sembla venir de derrière tel un ours que l'on aurait soudainement reveillé et qui n'en serait pas ravi.
-Ha ouai tu t'en fous toi des gamins hein?! Ca t'es égal tant que tu as tes pantoufles et ton g'nièvre! Pourri va! Allez maintenant on rentre les gosses! Sa voix se faisait de plus en plus stridente.
-Nan! On joue encore!
-On rentre! Tout d'suite!
-Nan! Jon l'ainé croisa les bras devant Denry et sembla défier sa mère dans une moue boudeuse.
-Bon ca va suffire cette bazardise!
Une voix sortit de la fenêtre voisine, une voix grave et grondante tel un vent d'hiver. Tous se retournèrent alors vers cette fenêtre qui se situait juste à la maison voisine. Une tête y depassait, ou plutot ce qui semblait être une tête coiffé d'un bonnet de nuit pointu à pompom bleu d'où longait une longue et épaisse barbe blanche. Deux petits yeux bleu percants fixèrent Jon, Denry, puis s'attardèrent sur Genova Marsley.
-Ha le vieux Fremont! Encore en train de raler!
-Je ne rale pas madame! Je m'expressionne! Vous faites un tel raffut que même le conseil doit vous entendre.
-Du raffut vous dites! Ha vous n'en faites pas peut être vous la journée avec toutes vos...vos...avec tous vos trucs la journée?!
-Grmmblblbl..La barbe du vieil homme semblait trembler d'elle-même d'effroi ou d'énèrvement qui sait. Mes trucs? Ha vous parlez surement de mes vréations! Ha mes incentions! Des choses qui vous depassent totalement.
La bonne femme le regarda, ses deux gros yeux semblaient se gonfler comme deux ballons.
-Ha! Vos machines de l'enfer oui! Vos bizarries! Elle fit un pas en avant et pointa un doigt semblable à une petite saucisse.
-Ignorulte! Malvenue! Fille de l'oubli!! Vociféra le vieux fremont dont le pompom du bonnet lui était maintenant tombé sur le nez.
Il pointa lui aussi un index gracile et osseux par dela la fenêtre comme si il dressait un glaive, un combat de doigt, un duel à mort où pour sortir victorieux il fallait desarmer l'autre de son index falacieux. Les deux enfants sentant l'heure grave et la crise qui s'annoncait rentrèrent de peur ou peut être d'ennui.
-Fremont Millepertuis!! Ca suffit maintenant! Laisse la voisine tranquille et rentre! Il fait froid non mais! Tu es en train de faire sortir toute la chaleur de la cheminée! Tu vas aller me rechercher du bois tu le sais ca hein? Fremont!
Une voix tel un cri de harpie semblait venir du plus profond de la maison. Une voix qui fit dresser les poils de barbes du vieil homme en une brosse à gratter hirsute. Ni une ni deux, le vieux Fremont remballa son terrible doigt et se retourna.
-Oui ma tendre épourie...Tout..tout de suite ma Simone...
Puis le vieux disparu de la fenêtre, quelques marmonnements se firent entendre ainsi que quelques jurons d'une voix de femme qui semblait toujours venir de l'intérieur de la maison du vieil homme puis lentement la tête de Fremont réapparu à la fenêtre, il jeta un oeil à gauche puis à droite, un flocon de neige se posa alors sur son nez. Genova Marsley haussa les épaules alors face à son étrange voisin et lacha un long soupir, un soupir qui ferait fuir un taureau en rut.
-Ho madame Marsley! Bien le bonsoir. Dit Fremont surpris. Que faites vous dehors à une heure si nuidive? Vous devriez rentrer vous allez prendre froid. Aurevoir Madame Marsley, aurevoir.
Il ferma ensuite la fenêtre lentement.
-Cinglé...complètement cinglé....lache Genova Marsley avant de rentrer chez elle en claquant la porte et en laissant les rues de Sanctum dans leur calme habituel.





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