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Discussion: Moi et l'Autre

  1. #1

    Par défaut Moi et l'Autre

    Bonjour à tous


    En lisant ce matin le poème d'Yzadora, ça me rappelle une phrase que je voulais vous poster ici depuis quelques temps, mais que j'avais oubliée (l'âge sans doute).

    Sur les posts qui parlent de ce qu'est un rôle, de jouer un homme ou une femme, et plus précisément de ce que l'on cherche en n'étant plus soi quand on incarne un rôle (rp), je repensais à ce qu'Ana avait écrit il n'y a pas longtemps quand il disait qu'il ne jouait plus Khuram, mais qu'il le "vivait". C'est aussi, et il le sait depuis toutes ces années que je l'ennuie, ma conception du rôlisme et ce pourquoi je continue à y être attaché.

    Alors ce n'est pas exactement sur ça, mais voilà les mots, et en fait, si, je voulais les partager parce que j'ai l'impression que c'est exactement sur ça :


    « Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans la lune. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y ait d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini et qui, bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont il émanait, qu’il s’appelât Rembrandt ou Vermeer, nous envoient encore leur rayon spécial.

    Ce travail de l’artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière, sous de l’expérience, sous des mots, quelque chose de différent, c’est exactement le travail inverse de celui que, chaque minute, quand nous vivons détournés de nous-mêmes, l’amour-propre, la passion, l’intelligence, et l’habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie.

    Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était avant nous n'est pas à nous. Ne vient de nous-même que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous, et que ne connaissent pas les autres. »



    Ce dernier paragraphe me frappe tellement ! C'est tellement ça, putain. Ca me parle parce que c'est une posture de vie qui englobe le rôlisme et qui parle de la vie dans son dévoilement - ou plutôt dans ses voiles qui nous empêchent de la toucher du doigt. Ca me parle peut-être aussi parce que ces deux dernières années ont été compliquées pour moi, je ne sais pas.

    Ana, tu dis souvent que l'on vieillit et que l'on devient con quand on renonce à rêver ici, et tu dis qu'il faut regarder l'abîme (à moins que ça ne soit une phrase nietzschéenne de Khuram quand il tient une victime par le pied en haut d'une falaise ), Khuram, Daliia, Ener, Val/Req, Mel, Aimsay et son intimisme, Celi qui ne joue que des femmes, tous, et tous nos persos passés, ceux qui nous ont marqué parce qu'ils ont fait corps avec nous (moi, c'est Lycan et Jhalde, et que dire des Anakior, des Kaelyne, des Galeldan), on aime tellement chercher à regarder l'obscurité qui est en nous, non ?


    Allez, bises.
    Dernière modification par Lycan ; 20/10/2011 à 11h53.

  2. #2

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    En faites, je dis ça juste pour toi hein........ Ok je sors.

    Non pour être sérieux, je pense tout à fait qu'il y a une part de nous même bien souvent qui s'installe dans chacun de nos persos aussi méchant soit-il ce n'est pas forcément la question finalement. Il y a des peurs, des faiblesses ou des forces finalement qu'on tire de nous et qui sont mis en avant plus ou moins.

    C'est d'ailleurs pour ça que bien souvent les débutants en rp ont du mal à faire le distinguo entre le rp et le hrp et qu'il peut y avoir autant de problème. Sur internet et sur les mmos, c'est d'autant plus vrai que le jeu/interface impose une distance et une remise en question moins forte face à autrui.

    Je sais par exemple que j'aurais eu beaucoup de mal à jouer certains aspects de Khuram (pour le prendre en exemple c'est le plus frais et un personnage assez froid/violent quand il le souhaite) autour d'une table alors que la distance offre une mise en abime plus profonde et plus libérale de ce qui est en nous.

    Mais dans tous les cas, cela reste finalement assez de surface vu que bon on est pas des assassins ^^
    "Choisir son camp. Être de ceux qui pensent qu'ils vont agir un jour ou être de ceux qui agissent en assumant les risques"

  3. #3

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    Bien sûr qu'il y a une part de nous même dans les personnages que l'on crée. Heureusement car sinon ...

    Et, parce qu'il y a cette part de nous même on crée un personnage qui a NOS phatasmes, NOS craintes, NOS espoirs et NOS défauts... Parfois aussi nos qualités.

    Soyons lucides et clairs... On est tous voleurs, assassins etc ... en puissance. Ce qui nous arrête c'est la peur du gendarme... pour la majorité d'entre nous ... les autres...

    Les autres parlons en.. une infime minorité qui a foi en l'humanité et sans laquelle ni les gendarmes ni l'espoir n'existeraient.

    Les autres qui en prennent plein la gueule pour pas un rond et qui continuent inlassablement à dire que le Roi est nu...

    Les autres qui tentent de stopper le train fou... sous les lazzis et les huées des bien-pensants. Sous le regard des millions de Ponce Pilate..

    Alors pour ne pas devenir fous nous créons un personnage.
    Un combat n'est fini que quand j'ai gagné !

  4. #4

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    Si cela ne s'arrêtait qu'à la simple peur du gendarme hein. Non je pense clairement que c'est une question de lucidité et surtout de contexte.

    Je vais prendre l'exemple de Khuram. Si il est tel qu'il est, c'est parce qu'il a un vécu, qu'il a un contexte et qu'on lui a imposé des choix finalement qui ont fait de lui l'ordure qu'il est.

    Moi si j'avais vécu sa vie de bout en bout, je serais peut être devenu comme lui (enfin je trouve une certaine logique de cause à effet même si je pense que je n'aurais pas été capable d'en faire 1/100 000 car j'ai des tares que lui n'a pas et inversement). Mais là, dans mon contexte, je suis assez lucide pour me dire que je n'ai aucune raison de tuer qui que ce soit. Déjà je n'en ai pas l'utilité et le contexte/ma vie font que je n'y verrais de toute façon pas d'interêt (mais bien sur si le contexte changeait, quelqu'un tue à escient Kae ou l'un de mes enfants, qui sait quel monstre pourrait se reveiller mais le gendarme dans cette situation là, je n'en aurais vraiment rien à faire).
    "Choisir son camp. Être de ceux qui pensent qu'ils vont agir un jour ou être de ceux qui agissent en assumant les risques"

  5. #5

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    Non Khuram tu as tout faux, je suis désolée. Peut être justement parce que tu fais partie de l'infime minorité.

    L'homme (au sens de l'espèce) est un charognard avec des instincts de prédateur.

    Sois lucide et regarde l'histoire du monde depuis qu'un homme a pris un bout de bois pour taper sur un autre...

    Tous nos massacres ont pour but la concupiscence.

    La femme du voisin, son cheval, sa maison on les veut ... on les prend. Sans gendarmes la loi du plus fort serait de mise (et même avec gendarmes c'est le cas, de façon plus sournoise).

    Sans gendarmes (enfin sans gardiens de quelque sorte que ce soit) crois tu vraiment que les supermarchés seraient respectés ? crois tu vraiment que les femmes pourraient se trimballer dans des tenues parfois limite niveau décence sans se faire violer à chaque coin de rue ? crois tu vraiment que l'homme est fondamentalement bon ?

    Allons donc...

    Travailler un mois pour te payer ta télé... si tu pouvais l'avoir gratos avec un gros flingue et sans gendarmes ? tu le ferais.

    Le gendarme c'est non seulement le brave militaire (parce qu'il faut être brave pour faire ce métier) mais aussi la "morale" qu'on t'a inculqué tout au long de ton dressage... pardon ton éducation.

    Ne mets pas le doigt dans ton nez, le nez dans la culotte de la voisine, ne prends pas ce qui te plait, obéis à tes supérieurs...

    Et çà marche, comme un toutou bien dressé nous suivons la voie du dresseur. Parfois le conditionnement perd de sa force et nous devenons des délinquants... délinquants ? une notion que les animaux n'ont pas; Je prends ce qui me plait quand çà me plait telle est leur philosophie... et si tu es plus fort je m'écrase. Regarde tes chiens, tes chats, tes poissons dans un aquarium.

    La seule différence c'est que les animaux, les plantes ont une VRAIE morale : on tue pour manger mais pas plus que ce dont on a besoin. Le massacre pour le massacre ils connaissent pas. Attaquer un petit de l'espèce ? celà ne vient pas à l'esprit d'un animal ... sauf au notre.

    (Quand je dis tu je ne vise que l'homme, pas Khuram ou tel autre individu)
    Un combat n'est fini que quand j'ai gagné !

  6. #6

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    L'homme est un animal dont les qualités ne sont pas encore fixées. Je cite Nietzsche.

    Je suis sur certains points d'accord avec Aimsay. Il n'existe de fou que notre propre pensée. ce qui la rend dangereux c'est de la confronter aux autres. Par contre Khuram, je te cite:
    Moi si j'avais vécu sa vie de bout en bout, je serais peut être devenu comme lui (enfin je trouve une certaine logique de cause à effet même si je pense que je n'aurais pas été capable d'en faire 1/100 000 car j'ai des tares que lui n'a pas et inversement).
    C'est un sujet bien trop vaste et jamais nous ne pourrons le savoir autant pour toi que pour nos propres personnages et nos propres vies. Car qu'est ce qui différencie surtout la réalité et la fiction? C'est avant tout l'absence de limite, ce qui definit même qu'un monde devient fantaisiste. Jamais un homme comme Khuram et même comme Requius, qui pourtant pourrait faire parti d'un low / dark fantasy auraient pu exister, car il existe de nombreuses limites définies par la conscience collective. Dans le droit il y a deux théories, celle de Rousseau et de l'état de Nature, et celle de Montesquieu sur l’avènement de l'homme à travers la repartition des pouvoirs et donc de liberté limitée. Bien qu'enfin de compte nous vivons dans une société qui mélange un peu des deux, je suis persuadé que si on en oublie toute société nous tanguerons automatiquement vers la première.
    Alors est-ce justement cette absence de tout limite qui tend à faire le JDR ce qu'il est? Et a le rendre si addictif? Peut être quoiqu'il en soit, c'est le droit et la conscience collective qui pousse l'homme à se freiner, mais nous restons un animal comme les autres et à certaines périodes de l'histoire de l'humanité, nos pires monstres imaginés n'étaient peut être pas si loin de la realité.

    Ps: ce que explique Aimsay c'est l'état de nature justement, seulement tu vas loin là Aimsay, car la conscience collective reste plus fort que l'instinct de l'homme, c'est sur cela qu'est régit notre societé et non sur le simple état de nature.
    « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. » Jean Jaures

  7. #7

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    Bah tu peux être désolé, il n’empêche que je n'ai pas tout faux, je suis simplement en désaccord avec toi


    Et tout réduire à la simple peur du gendarme, personnellement je trouve cela honteusement réducteur quant au fondement d'une société. On a beau être des animaux à la base, il y a toute une éducation qui fait qu'on en vient à penser à autre chose au moment dit.

    Tout un mécanisme et un enchainement de pensée qui va t'empecher de faire l'acte et ce n'est pas la peur du gendarme. Il y a une conscience collective, des concepts de vie aussi qui t'ont construit etc etc etc etc etc.

    Tu retires les gendarmes, bien sur que ce serait l'anarchie (c'est extreme et c'est un stéréotype ça) mais quand tu vas faire quelque chose de répréhensible, ce n'est pas la seule chose qui te retient. Tu as tout un enchainement psychologique qui t'amène jusqu'à un acte répréhensible pas uniquement le faites que tu ne vas pas te faire taper sur les doigts, c'est horriblement réducteur que de penser ça d'une personne quelque soit et un crime ne doit jamais être réduit à "Oh bah c'est humain, c'est un animal".


    Et pour info, je ne fais partie d'aucune minorité de quoique ce soit, je ne suis pas utopiste au point de croire que sans règle on peut vivre heureux et dans un monde où tout va bien. Mais bon là on s'éloigne clairement du sujet de base, le rp^^
    "Choisir son camp. Être de ceux qui pensent qu'ils vont agir un jour ou être de ceux qui agissent en assumant les risques"

  8. #8

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    Nos vies sont guidées par la société dans laquelle nous vivons. Tuer est mal et on te le répète depuis toujours mais faire semblant de tuer, c'est autre chose.
    Si tu ne commets pas d'actes répréhensibles, c'est TA morale qui t'en empêche, j'insiste sur TA et non la morale. J'ai adoré le "Fléau" de Stephen King, que deviendront les hommes sans lois ni sanctions? Selon lui, plus les hommes sont mauvais, plus ils organiseront une dictature où régnera la loi du plus fort.
    Les meilleurs d'entre eux voudront tellement l'égalité et le partage qu'ils engendreront le chaos.

    En ce qui concerne mes persos RP, je n'ai jamais pu les rejouer. Pour moi, c'est un livre qui se finit, qui rejoint la grande bibliothèque et me permet d'en commencer un autre.

    Mon premier perso était une dagueuse, loyale mauvaise, une sauvage qui s'ouvrait à la civilisation. Ce sont des heures d'impros inoubliables, des rencontres toutes aussi intéressantes. Je n'ai jamais pu la rejouer, ni même un bg similaire.

    Sont venus ensuite d'autres, beaucoup se sont développés au rythme des rencontres, c'est comme ça que je préfère jouer.

    Jouer est un terme qui me convient très bien. Jouer c'est s'affranchir des contraintes que notre vie nous impose.
    Faire semblant, si nous faisons vraiment semblant . Nos pantins virtuels dansent derrière le voile obscur de notre conscience et c'est par nos mots, nos pensées qu'ils vivent. Ils sont et seront à jamais nous, un autre nous mais un nous tout de même.

    J'ai arrêté de jouer car j'étais toujours avec les mêmes personnes. On se connaissait trop (ingame comme irl) et lorsqu'il n'y a plus de surprises, il n'y a plus de plaisirs, selon mon avis.
    Mais ce qui m'a fait vraiment arrêté, c'est d'avoir été obligé de ressusciter un joueur alors qu'il "s'était suicidé" sous l'impulsion du moment.
    J'ai un long BG qui explique comment une nécro peut ramener à la vie un pauvre archer suicidaire^^

  9. #9

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    /hs on

    tu aime stephen king alors tu ne peu pas être une personne mauvaise

    < fan de stephen king in side>

    /hs off

  10. #10

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    Rose Red <3
    « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. » Jean Jaures

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