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Discussion: Autour d'un verre...

  1. #1

    Par défaut Autour d'un verre...

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    Il était parfois temps de parler et il était parfois temps d'agir. C'était un peu le cas lors de cette soirée. Les voyageurs s'étaient retrouvé par hasard non loin d'une auberge et ils avaient besoin de parler. Cela avait été le premier moment de calme et surtout le premier moment où ils avaient pu profiter de leur amitié. Requius comme à son habitude était parfois si éloigné de la réalité qu'il était difficile de le suivre mais la discussion prit rapidement un tour sérieux.

    Il leur parla de ce qu'il pensait d'eux et ils trouvaient ces analyses intéressantes.

    Ensuite, Melandrine arriva et ils purent enfin prendre une tournure encore plus sérieuse. Ils analysèrent ensemble toutes les données importantes qu'ils avaient dans leur main.

    Que pouvait contenir les messages qu'ils avaient reçu ces derniers jours? Cette entité, ce Iorn, ce choix qui n'en était peut être pas un.

    Tout avait été discuté avec minutie et ils avaient passer finalement un très bon moment, certes sérieux, il y avait eu peu de rire mais au combien nécessaire pour la cohérence du groupe. Ils seraient prêt à affronter ce qui allait arriver.

  2. #2

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    Khuram avait passé un très bon moment avec ces amis. Requius avait été très loquace et il avait même trouvé quelques points communs.

    Finalement ce moment lui avait rappelé à quel point il était attaché à eux malgrés toute l'insensibilité qu'il aurait pu montrer.

    Il y avait cette part de lui, oui cette part de lui souvent en silence qui était heureux de les retrouver.
    "Choisir son camp. Être de ceux qui pensent qu'ils vont agir un jour ou être de ceux qui agissent en assumant les risques"

  3. #3

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    Daliia avait apprécier la soirée mais il sentait Requius de plus en plus en équilibre dans son rôle, allait t'il craquer?

    Au delà de cela, il avait eu des mots très juste, même concernant Khuram et l'arrivée de Melandrine avait apporter encore un peu plus de bonne humeur.

    C'était agréable finalement surtout qu'ils ignoraient tout de ce qui allait encore se passer.
    Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale...

  4. #4

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    Melandrine avait enfin pu se détendre même su les sujet avait été sérieux, elle était plus sereine dans cette ambiance amicale

  5. #5

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    Alors que l'homme au masque s'était éloigné de quelques pas, il se retourna une dernière fois. Au loin Khuram et Melandrine semblaient eux aussi prendre congé. Cela lui rappela que malgré les évènements, il avait besoin d'eux et espérait dans le fond qu'il fut de même pour eux. La nuit était froide, mais sèche comme le sable de ses déserts et Rivage de Fortune semblait baigner d'un calme illusoire à l'image de ses mirages invisibles. Il avancea de manière discrète comme à son habitude afin d'éviter bandits et malfrats qui profitaient de la nuit pour effectuer leurs petits larcins jusque la grotte au sud qui faisait office d'auberge crasseuse pour les gueux et les miséreux comme lui. Bientôt la gueule béante et suintante de l'auberge lui apparut et il s'y engouffra comme un rat dans un égout, l'air moite et humide se mêlait à une odeur d'alcool pesante et de crasse. Peu de gens appréciait la particularité d'un tel décor, c'était très subtil mais au milieu de cette crasse se cachait les marginaux, ceux qui n'avaient guère eu de chance dans la vie ou ceux qui avaient eu trop de chance et qui durent le payer aussi ce qui était plus son cas d'un coté. Bientôt la grotte offrit son plus beau décor, dans une pièce abrupte les parois brutes reflétaient la lueur des bougies dans des volutes fantomatiques, des tables branlantes avec leurs chaises pourries étaient disposées tel un carré autour d'un comptoir circulaire en vieille latte de bois. La faible lumière qu'apportait les bougies était mêlé à un brouillard constant du aux vapeurs de tabac qui sortait de la bouche braillante et vociférante des clients. Il régnait et cela malgré la crasse et la pauvreté, une ambiance plutôt festive, certes grossière mais franche.
    Personne ne fit attention à l'arrivée du sorcier boiteux, celui ci balaya la caverne du regard et remarqua une table dans le coin, un peu à l'écart, elle semblait occupée par un homme caché derrière un large capuchon mais il restait quelque chaises non occupées. Il se décida alors de s'y installer s'engouffrant tant bien que mal entres les brigands saouls, les catins en rut, et de vieux pirates défroqués. Il se laissa tomber sur la chaise qui ne manqua pas de craquer, à moins que ce fut son dos qui craqua, il n'en savait rien. Son corps commençait à prendre l'habitude de cette constante souffrance, comme ils en parlaient plus tot, il l'a dompté chaque jour, il s'en accommodait, à chaque instant.

    "Vous êtes nouveau n'est ce pas? "

    Une voix sifflante et aigu sembla sortir du capuchon à ses cotés. Requius leva son visage masqué vers l'inconnu.

    "Cela ce voit tant que ça? je ne dois pas encore sentir assez mauvais c'est cela?"

    "De l'humour, de l'humour...Cela me manque aujourd'hui. Non et puis il vous suffira de quelques minutes dans cette puanteur pour sentir toute votre vie". Ils ricanèrent tous les deux un instant, ce qui détendit Requius un peu plus qui finit pas se lover sur sa chaise, une main gantée posée sur la table."Non, non, c'est que personne ne vient s'installer ici par habitude, personne."

    Sa voix semblait pincée comme celle d'un vieux farfadet qui aurait troqué sa joie de vivre pour du sadisme. Requius ne bougea pas mais se contenta de répondre d'une voix monocorde, encore un de ses brigands qui se croit tout permis pensa t'il surtout.

    "Et pourquoi ne devrais je pas m'installer ici, cette place me semble parfaite."

    L'homme avancea alors son regard vers Requius et laissa retomber sa capuche en arrière pour laisser apparaitre un visage marqué et boursouflé au front comme si des tumeurs lui avaient poussé tel des champignons. Requius n'eut aucune réaction, nul crainte, nul peur, nul pitié, nul empathie rien. Il s'en foutait totalement à vrai dire. Quand ses lêvres pincées qui semblaient déchirés tel un morceau de viande passée sous le couteau d'un boucher laissèrent échapper quelques mots.

    "La lèpre, voila pourquoi. Nul ne vient près des proscrits, près des puants, près des morts qui vivent encore. Allez éloigne toi avant de le regretter, et je n'aime pas être dérangé en plus, dégage de là, je préfère rester seul."

    "Rester seul" Requius avança légèrement son visage masqué comme par défi. "Pourquoi ne pas mourir de suite si c'est pour vivre amère."

    "Garde donc ta pitié ignare, il me suffirait de te toucher pour que tu comprennes quel mal être m'habite, je suis un oublié des hommes et des Dieux, amère dites vous, les proscrits comme moi t'emmerde comme ils emmerde ses prêtres qui viennent faire semblant de vous soigner pour alléger leurs consciences et refouler leurs envies frustrées. Maintenant dégage, et laisse moi."

    Requius hocha la tête d'un air désolé, non qu'il était peiné, écouter la longue plainte du lépreux l'avait plus énervé qu’autre-chose surtout.

    "Tu te plains mais tu es responsable de ton malheur"

    "Qu'en sais tu? Hein? Qu'en sais tu?!"

    Il vociféra plus fort encore, la taverne se retourna alors sur eux un instant. Requius tourna le regard vers l'assemblée puis revint sur le lépreux, la clientèle recommença alors à brailler et à boire de leur saoul sans prêter attention aux deux hommes.

    "Je le sais voila tout, tu n'as pas besoin de savoir, il y a ceux qui se plaignent, les faibles et ceux qui continuent de vivre malgré tout."

    "Foutaise! Va te faire foutre enculé, dégage!" Son regard était mauvais, ses yeux plissées semblables à deux petites fentes cernées imbibées de colère.

    "Désespérant vraiment. Pathétique."

    "Qu'en sais tu, tu parles beaucoup pour un étranger qui ose venir m'importuner et me faire la morale. mais tu veux comprendre alors tu vas comprendre" L'homme avança sa main jusque le bras de Requius, celui ci le retira immédiatement mais l'homme semblait bien disposer à lui refouler sa merde. Requis se leva alors précipitamment.

    "Attend! Je le sais voila tout car je suis comme toi."

    L'homme se calma, et fixa gravement Requius. Restant silencieux tout deux un instant, ils se regardèrent sans rien dire, puis lentement se rassirent.

    "Tu dis de la merde, sinon tu te serais pas levé comme ça je te fais peur hein avoue? Tu trouilles et tu pisses dans ton froc comme un gamin?!"

    Pathétique..Vraiment pensa Requius. "J'ai un autre sorte de mal mais mon visage est aussi affecté comme toi, sauf que moi je n'en veux plus au monde entier ça ne sert à rien, la colère, faut la dompter et la maitriser."

    "Et pourquoi je la maitriserai ma colère hein pourquoi?"

    Requius hocha la tête, visiblement cet homme était finit, mort de l'intérieur, pourri par l'amertume comme une vieille pomme bouffé par les asticots, il se décida fatalement de retirer lentement son masque, le faisant basculer vers le bas d'une main sure mais prudente.

    "Regarde moi alors. Voila le visage de la mort, de l'horreur."

    Le lêpreux avança doucement un regard curieux, puis ses yeux s'écarquillèrent, son visage se figea dans une expression d'horreur, il voulut surement crier mais aucun son ne sortit de sa bouche déformée par la peur, puis plus rien l'homme s'effondra sur la table mort. Requius remit son masque machinalement et se releva difficilement tel un vieil homme.

    "Moi je ne suis pas seul, plus maintenant, je ne suis plus amère, j'ai trouvé ma place avec eux et j'ai vaincu ma colère."

    Requius s'éloigna d'un pas hésitant jusque les chambres, laissant là, par le corps inerte que tous croyez endormi, la fatalité et la pitié. Deux sentiments qu'il avait réussi à vaincre avec le temps. Il parti enfin se coucher, demain une longue journée l'attendrait, un autre jour, une autre vie.
    « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. » Jean Jaures

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