EFFONDREMENT
La Tour est enkystée dans la folle frondaison
Des lierres et d’un peuple rampant et volant
Elle succombe, les fêlures lézardent ses tréfonds
Alors que son sein sait l’aboutissement imminent.
Non l’architecte n’a pas rêvé cette fin, il l’a bannie
De ses planches, la beauté jamais ne devait être ternie
Tant a été accompli, fracas, éclats et chaos, sans trêve,
Se nouent ce soir dans l’immobilité qui achève les rêves.
T’es-tu regardé dans le miroir ? As-tu vu le mendiant
L’enfant, la veuve, le vieux reitre édenté, défilant
Dans un cortège sucré et moite, rasant les ruelles ?
L’effritement du monde, dans la chair, se fait la part belle.
Tu l’as compris mais trop tard, tu n’as pas goûté ce qui file
Dans les doigts, et les souvenirs n’ont pas le vif des moments.
Cette Tour, de tout temps et de tout âge, qui s’érige et s’empile,
Et se ride, et ploie enfin, c’est toi ! Tu en est le vivant testament.



Répondre avec citation
