Allez voici le premier jet du prologue pour ce que je souhaite écrire. N'hésitez pas à faire des commentaires etc. Ce qui ne va pas ou va.
PROLOGUE
« J'ai vu la mort...Elle n'a rien à envier à la vie, je peux vous l'assurer »
Vagabond...
La terre se désagrégeait doucement, la poussière s'effritait dans le néant de l'espace alors que toute la vie qui l'habitait depuis tant d'éon disparaissait. Une lumière aveuglante submergea alors les lieux pour finir dans une explosion qui aurait rendu aveugle toute personne qu'il l'aurait vu. Malheureusement ou heureusement pour eux, ils étaient déjà morts. Le corps de tous les habitants gisait sur le sol dans des tas informes et chaotique alors qu'on entendait grognait la terre de plus en plus fortement.
La lumière disparut alors subitement tout comme tout ce qui entourait cet espace ne laissant plus que le néant, les ténèbres.
Petit à petit, le battement d'un cœur s'élevait doucement puis il devint de plus en plus puissant pour ressembler au bruit d'un tambour puis s'ajouta cette odeur de sang qui était pourtant si familière.
Khuram se réveilla brusquement, la main sur la poitrine par automatisme, son autre main crispé sur les draps. Son torse se soulevait au grès de sa respiration rapide comme à chaque fois qu'il faisait ces cauchemars. Une main fine vint se poser sur son bras, il soupira un instant. Non pas que ce contact lui était désagréable mais il savait qu'il l'avait réveillé et comme à chaque fois, il savait qu'elle ne pourrait s'empêcher de s'inquiéter.
- Encore un cauchemar...
La voix était clairement féminine et très sensuelle. Sa main d'une grande douceur. Khuram finit par sourire. Son contact lui faisait toujours cet effet. Il regarda la jeune femme qui était couché à côté de lui puis lui sourit dans la pénombre.
- Non, j'ai rêvé de toi...
- De moi ? Hum, tu n'as plus besoin de rêver de moi à présent. Je suis juste là, nous ne sommes plus séparés.
Elle savait qu'il avait mentis mais entre eux deux, il n'y avait pas besoin de ces mots, de ces excuses ou de non-dit. Pour eux, il n'y avait pas cet espace de liberté même si ils en avaient eu l'envie. De ces jeux ne naissaient que toujours davantage d'unité et personne ne pouvait les comprendre mais cela leur était totalement égal.
Se penchant, elle déposa un léger baiser dans le cou de son amant puis mordilla légèrement. Elle se bascula pour venir se placer sur lui à califourchon et se pencha pour déposer un baiser chaste sur ces lèvres.
Elle fit glisser ces mains le long de son torse suivant les courbes de ces muscles et s'attardant aux trop nombreuses cicatrices qu'il avait accumulé avec le temps.
- Tu commences à te faire vieux, mon ange. J'ai de plus en plus de facilité à lire en toi.
- Pffff, si c'est pour ça que tu es venu sur moi, tu peux descendre ! Dire que j'ai parcouru des kilomètres pour toi.
Il passa une main sur la joue de sa femme puis soupira. Sa main descendant doucement pour se positionner sur son cou. Il savait pertinemment ce qui allait suivre. Comme à chaque fois dans ces moments, ils se donneraient l'un à l'autre.
L'un ne pouvant oublier ce qui le troublait, l'autre faisant mine de l'ignorer mais tous deux savaient que ce n'était que le commencement alors même qu'ils en pensaient avoir embrassé la fin il y a peu.
Khuram fit glisser sa main le long du corps de la jeune femme, frôlant ces seins et venant les poser sur ces hanches susurrant doucement.
- Daliia...
***
Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas sentis les effets de l'age sur leurs membres et sur leurs corps, si longtemps qu'ils n'en avaient plus l'habitude.
Zelata, la vielle conseillère regardait les hommes vagabondaient dans la cité. Le matin s'était levé depuis peu et la rosée s'était déjà déposée sur les vitres s'égouttant doucement. Elle posa son doigt sur la vitre trempée devant ces yeux récupérant l'une des gouttes et le portant à sa bouche. Elle le lécha dans un bruit de sussions peu élégant. N'importe qui l'ayant connu aurait pu révéler que c'était l'une de ces marques de fabrique. Son incroyable vieillesse n'aidait pas à la rendre charmante et de mémoire, tous pensaient qu'elle ne mourrait jamais. Une peau morte se détacha de son doigt, elle le cracha au sol puis se retourna.
Son vieil compagnon d'infortune se trouvait dans un fauteuil non loin. Il semblait perdu dans ces pensées depuis qu'elle était arrivé dans la pièce
- Tu sais, mon vieil ami, que nous devrions être morts aujourd'hui. Ne plus faire partie de ce monde. Je n'aime pas attendre inutilement encore plus quand je sens mes os craquer comme ça.
Le vieil homme soupira profondément et sortie de ces pensées regardant son amie avec un regard empli de complaisance.
- Le petit a réussis au moins et je suis d'accord avec toi. Nous devrions être mort à l'heure actuelle. Pourtant, je sens que rien n'a changé. Tout l'échiquier s'est simplement déplacé.
- Oui mais nous ne sommes plus dans le jeu, Bran. Nous ne devrions plus être là.
Il hocha de la tête à ces paroles. Que pouvait-il dire d'autres ? Elle avait parfaitement raison. Cela fait longtemps qu'il aurait dû partir d'ici et cela fait d'autant plus longtemps que tout aurait dû être perdu et même si leurs pouvoirs s'étaient éteints, il voyait toujours cette lueur dans les ténèbres. Ils ne pouvaient pas partir, laissé tout ceci derrière était difficile en ces temps troublés. Après tout, ils avaient passé leur vie ici même si leur contact avec l'extérieur avait été limité. Ils savaient pourtant tous deux que cela arriveraient un jour d'où le peu d'attachement dont ils avaient fait preuve. C'était la règle, leur règle.
Il posa son regard sur Zelata. Elle en savait surement plus qu'elle ne voulait le dire, elle en avait toujours su plus, c'était également une des règles, une de plus. Chacun avait son rôle à jouer. Le voyant la regarder, celle-ci ne put que lui sourire en retour sachant parfaitement où vagabondait ces pensées, elle ne connaissait que trop bien son frère. Elle se retourna posant sa main à nouveau sur la vitre humidifier par la rosée.
Oui, elle en savait plus mais elle ne pouvait le partager
- Tu sais tout aussi bien que moi que cela finira par s'arrêter.
Elle haussa des épaules en disant cela comme si cela était une évidence même pour eux. Le vieil homme sourit intérieurement car il savait bien sûr que tout finirait un jour mais il savait surtout qu'aujourd'hui un vent de changement soufflait sur eux deux...
Il fit vagabonder son regard sur le journal qui se trouvait à côté de lui.
- Surement l'une des plus grandes marques de changement, souffla-t-il pour lui-même...
Il posa sa main sur celui-ci faisant jouer de ces doigts sur la couverture neuve du journal, son regard toujours posé sur Zelata.
- Tu es sur que c'est nécessaire, demanda-t-elle sans se retourner.
- Primordiale, répondit-il puis il ouvrit la première page de son livre.
Il aimait prendre le temps de le relire pour ne pas oublier et toutes relectures étaient bonne, cela lui permettait de corriger certains de ces écrits afin que l'interprétation de ces propos ne soit pas erronées. Il savait que les humains avaient tendance à beaucoup trop s'attacher aux écrits. Cette relecture lui prenait toujours quelques heures et à chaque fois, il rajoutait un paragraphe, faisait des annotations, l'améliorait.
C'était depuis le retour de leur enfant qu'il avait décidé de le tenir. Son importance était vitale aujourd'hui, contrairement à sa vielle ami, il avait la capacité d'entrevoir les vagues de l'avenir. Il savait que demain, ce journal deviendrait précieux.
« Bien souvent les gens font l'erreur de croire que tout marche selon deux pendants. C'est en partie la faute au jour et à la nuit. Tous semblent croire que tout doit marcher dans cette perpétuelle danse oscillant entre la lumière et les ténèbres. C'est naturel mais si terriblement humain et puéril. Rien de tout cela n'est vrai. Rien de tout cela ne tire sa force dans la réalité. Un animal n'a pas cette conscience toutefois. Il est amusant de voir que c'est celui qui en sait le moins qui se rapproche souvent bien plus de la réalité.
Nous même, nous trois en sommes la preuve. Nous sommes les anciens de cette cité et de ce clan ou plutôt, je dirais que nous l'avons été. Nous sommes ceux qui avons vu plus de mort et de vie, ceux dont la mort ne peut atteindre. »
Pendant un instant, il arrêta sa lecture regardant dans les coins sombres de la pièce. Ils étaient trois mais aujourd'hui ils n'étaient plus que deux. L'un des leurs avait été tué. Tout du moins, c'est ce qu'ils avaient fait croire à la cité. Son essence avait simplement quitté son corps par choix. Il secoua la tête amusé comme si il se remémorait ce moment avec plaisir, cela faisait partie de la danse, puis il reprit sa lecture.
« La mort ne nous a jamais côtoyé, simplement car nous n'entrons pas dans son champs de vision. Nous sommes au-dessus de cela. N'y voyait aucune prétention de notre part mais un simple état des faits. Comme ce cycle de jour et de nuit, nous existerons tant que notre contraire sera présent.
Tout a commencé il y a bien longtemps. Avant même que nous arrivions dans ce clan peu commun, avant même que la scission n'ait eu lieu et avant même que le premier humain est mis un pied sur cette terre.
Nous n'étions qu'un avec Elles. Nous étions Elles et Elles étaient nous. Tout comme tout le reste de l'univers tournant autour d'un même axe et d'une même volonté, nous naviguions dans les terres hors de la Frange. Je me rends bien compte que ce mot ne veut rien dire pour vous et je n'en dirais pas plus, tout du moins pour l'instant.
Nous avons finis par être séparés et de ce fait, nous avons bifurqué jusqu'à nous retrouver à vagabonder dans des directions opposés devenant des frères ennemis. Bien entendu, vous vous doutez, cher lecteur de ce journal que ce que j'écris en quelques lignes à durer des éons et il serait bien trop long de parler de cela dans ce journal, les détails ne vous intéresseraient pas. Vous ne les comprendriez de toute façon pas.
Dans un long jeu d'échec nous les avons combattus, sous toutes les formes sous lesquelles elles se sont présentées à nous. Jamais directement car nous ne pouvons le faire mais en influençant ceux qui nous ont toujours entourés. De toutes les formes de vie que nous avons côtoyé, les humains sont la forme la plus malléable et en même temps celle qui est la plus intéressante. Elles ne se sont pas trompées en s'arrêtant ici. Ce fut notre plus beau champ de bataille...
Toutes les personnes qui vivent dans cette cité ou même sur cette planète ne peuvent se douter de la guerre cosmique qui s'est déroulée devant leurs yeux. Tel des cyclopes, nous avons pris possession de leur code et de leur vie et tout ceci n'a jamais été que des cycles et des cycles de guerre dont nous avons été les observateurs et vous les frêles acteurs. Je ne peux écrire ici que nous avons participé. Nous ne l'avons pas vraiment fait.
La question reste simple pourtant et même vous pourriez la comprendre. Doit-on blâmer le forgeron pour les guerres ? Non.
Nous avons simplement aidé toutes ces créatures à survivre en donnant les armes nécessaires à leur survie. Certains y ont excellé, d'autres ont été pathétique.
Les êtres humains sont charmants à ce niveau. Ils sont pathétiquement attachés à leur survie. C'est d'ailleurs l'un de leur plus grand trait caractéristique même si les différences sont notables selon les sujets auxquelles nous avons eu à faire.
Et dans cette fourmilière, nous avons choisis le pire d'entre eux, je suppose. Celui qui nous avait démontré la plus grande faculté à survivre non pas par ces capacités mais bien par ce qu'il avait vécu.
Est-ce de la chance ? Ou est-ce simplement son destin ?
Il est difficile d'en juger même pour nous car ce choix a été fait dans la précipitation. Quel que soit notre puissance, nous espérons tous avoir cette capacité à dépendre d'autres choses. Cela nous donne une excuse pour tout ce qui nous arrive et que nous n'attendons pas. La puissance n'a même rien à voir là-dedans.
Il a réussi là où tous avaient échoué avant lui. Ne croyez pas que cela ne fait pas de lui un héros car je doute que ce qu'il a fait apporte le salut pour ce monde ou ce temps mais c'est un fait assez important pour le notifier.
Vous lecteur, je sais que vous vous demandez de quoi je parle. C'est pourquoi je vais revenir un peu en arrière afin que vous en appreniez d'avantage. Ce journal est là pour vous raconter une longue histoire. Cette histoire qui dépasse est de loin l'histoire d'un simple homme ou d'un clan. Une histoire cyclopéenne qui aboutit dans le sang.
J'espère que vous serez en mesure de l'apprécier même si j'en doute. »
Le vieil homme leva un instant les yeux de son journal. L'histoire serait longue à rédiger mais elle était nécessaire même si finalement c'est ce qui arriverait demain qui importait. Il sentait qu'il devait donner enfin ce qu'ils avaient tous trois toujours refusés.
- A la fin, les bonnes histoires ont toujours un épilogue, n'est-ce pas ?
Il n'avait pas vraiment posé cette question à quelqu'un mais Zelata ne put s'empêcher d'y répondre.
- Tu commences à te faire vieux, mon ami.
Il ne put s'empêcher de rire à cette remarque, d'un vieux rire empreint de vieux âges. Il posa la main sur son journal puis sourit à sa vieille amie.
- Je ne sais pas si tu l'as remarqué mais on est de vieux crouton.
Zelata porta la main à la bouche arrachant un morceau de peau morte sur ces doigts décrépis et le recracha par terre.
- C'est vrai et nous sommes non loin de la fin du chemin.
-Tout change, on dirait bien.
Il sourit... Victorieux ou non, tout avait bien changé. Les tours d'autrefois n'étaient plus que les pions et les rois de demain allaient décidés de la marche à suivre. Pas sur qu'ils en sortiraient grand gagnant. Il était même convaincu du contraire.
Il sortit sa plume et continua à écrire dans son journal sous le regard de sa vielle compagne. Jamais il n'aurait pensé faire cela un jour mais tous deux savaient que cela était nécessaire.
Un épilogue pour un commencement, voilà qui semblait sonner à merveille.



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